Réunis à l’initiative du Réseau haïtien des journalistes de la santé (RHJS), une vingtaine de journalistes, influenceurs et jeunes U-Reporters ont été sensibilisés à la communication pour le changement social et comportemental (CCSC). Animée par le journaliste et communicateur social Sabry Iccenat, cette formation soutenue par l’UNICEF entend renforcer le rôle des médias dans la promotion des bonnes pratiques liées à l’eau, l’assainissement et l’hygiène (WASH), en misant sur une meilleure compréhension des réalités sociales qui influencent les comportements.

Journaliste et communicateur social, Sabry Iccenat a animé, le samedi 16 juillet, une session de formation autour de la communication pour le changement social et comportemental (CCSC) à l’intention d’une vingtaine de journalistes, d’influenceurs et de jeunes U-Reporters. Cette activité, soutenue par l’UNICEF, vise à encourager les professionnels de l’information à mieux traiter les questions liées à l’eau, l’assainissement et l’hygiène (WASH).
Selon Sabry Iccenat, la CCSC ne se limite pas à la transmission d’informations. Elle constitue une approche multidisciplinaire qui s’appuie notamment sur la sociologie, la psychologie et l’anthropologie afin de comprendre les comportements, les croyances et les réalités sociales qui influencent les pratiques des communautés.
« La communication pour le changement social et comportemental est une discipline qui mobilise plusieurs autres disciplines pour amener les populations à adopter des comportements favorables et à abandonner ceux qui peuvent leur être nuisibles », a expliqué le communicateur social.
Une démarche fondée sur quatre étapes

Au cours de son intervention, Sabry Iccenat a présenté les quatre grandes étapes de cette approche : la recherche, l’engagement communautaire, la communication et l’évaluation.
La phase de recherche, a-t-il souligné, permet d’abord de comprendre les communautés ciblées, leurs besoins, leurs pratiques et les obstacles qui peuvent empêcher l’adoption de nouveaux comportements. Dans le domaine WASH, cette étape est essentielle pour identifier les facteurs sociaux et culturels qui influencent les questions liées à l’hygiène et à l’assainissement.
« On ne fait pas de la communication simplement pour communiquer. On communique pour agir sur des problèmes précis et provoquer des changements », a-t-il insisté.
À titre d’exemple, il a expliqué que certaines croyances peuvent constituer des barrières au changement. « Mikwòb pa tiye Ayisyen ! de tels propos sont monnaie courantes dans notre milieu », a-t-il observé. En ce sens, il a fait comprendre qu’une campagne efficace doit tenir compte de ces réalités. Dans ce contexte, il recommande de travailler sur les perceptions des populations plutôt que de simplement transmettre des messages.
L’importance de l’implication des communautés
Pour le communicateur social, l’engagement communautaire est une étape indispensable. Il ne s’agit pas d’imposer des solutions venues de l’extérieur, mais d’associer les populations concernées à l’identification des problèmes et à la recherche des réponses adaptées.
Cette logique concerne également les journalistes, les influenceurs et les créateurs de contenus numériques. Les interactions sur les réseaux sociaux, à travers les commentaires et les échanges avec les publics, représentent déjà une forme de participation citoyenne, estime-t-il.
« Même lorsque les personnes ne sont pas d’accord avec un contenu, le fait qu’elles puissent réagir, questionner et discuter participe au processus de communication », a-t-il fait valoir.
Adapter les messages aux publics
La troisième étape, celle de la communication proprement dite, consiste à construire des messages adaptés aux publics ciblés. Pour Sabry Iccenat, un contenu efficace doit tenir compte du contexte culturel, des habitudes et des motivations des personnes auxquelles il s’adresse.
Il a notamment insisté sur la nécessité de ne pas confondre valorisation personnelle et changement social. Un contenu peut être apprécié pour son esthétique ou pour la langue utilisée, mais il doit surtout répondre à l’objectif recherché : favoriser une évolution positive des comportements.
La dernière étape de l’approche, l’évaluation, permet de mesurer les résultats obtenus et d’ajuster les stratégies mises en place.
Des professionnels des médias appelés à renforcer la sensibilisation sur le WASH
Cette formation s’inscrit dans une dynamique visant à renforcer les capacités des acteurs de l’information sur les enjeux liés à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène. Les journalistes présents provenaient notamment de la région métropolitaine de Port-au-Prince, particulièrement de Pétion-Ville et de Delmas.
À travers cette initiative, a rappelé l’intervenant, l’objectif est de favoriser une couverture médiatique plus approfondie des problématiques WASH et de renforcer le rôle des médias dans l’accompagnement des changements sociaux et comportementaux au sein des communautés.
Claude Bernard Sérant














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