AHPSY et RHJS s’accordent pour renforcer l’information sur la santé mentale en Haïti

Jeudi du RHJS

Face aux défis croissants liés à la santé mentale en Haïti, l’Association haïtienne de psychologie (AHPSY) et le Réseau haïtien des journalistes de la santé (RHJS) ont signé un protocole d’accord de deux ans. Ce partenariat entend renforcer l’information, la sensibilisation et la formation autour de la santé mentale.

Gihane Déjoie Mathurin, présidente de l’Association haïtienne de psychologie, signe le protocole d’accord (Photo : Jobenson Andou)

Dans le cadre de la reprise des Jeudis du RHJS, l’Association haïtienne de psychologie (AHPSY) et le Réseau haïtien des journalistes de la santé (RHJS) ont signé, ce 1er octobre 2026, un protocole d’accord visant à établir un cadre de collaboration autour de la promotion, de l’éducation, de l’information et de la sensibilisation sur la santé mentale en Haïti. La cérémonie s’est tenue au local du RHJS, à Delmas 48, en présence de responsables des deux organisations et de représentants de la presse. Le protocole a été signé par André Claude Bernard Sérant, secrétaire général du RHJS, et Gihane Déjoie Mathurin, présidente de l’AHPSY.

Prenant la parole, le secrétaire général du RHJS a souligné l’importance de la santé mentale dans un contexte haïtien marqué par les violences, les déplacements forcés et diverses situations susceptibles de provoquer des traumatismes. Il a également évoqué les difficultés auxquelles sont confrontés les enfants et les jeunes dans le milieu scolaire, ainsi que la stigmatisation entourant certaines problématiques psychologiques.

Le secrétaire général du RHJS et la présidente de l’AHPSY (Photo : Jobenson Andou)

Pour le responsable du RHJS, le partenariat avec l’AHPSY doit permettre de rapprocher davantage les professionnels de la psychologie et les médias afin de mieux informer la population sur ces questions.

De son côté, Gihane Déjoie Mathurin a insisté sur l’importance de considérer la santé mentale comme une composante à part entière de la santé. Elle a rappelé que les questions liées à la psychologie et à la santé mentale ont longtemps été entourées de tabous en Haïti.

« Sans santé mentale, pas de santé physique », a-t-elle déclaré, plaidant pour une meilleure compréhension de ces enjeux.

Protocole et prise en compte des réalités

Le protocole prévoit notamment des initiatives destinées à sensibiliser différents publics, dont les enfants, les adolescents, les adultes et les professionnels. Les deux organisations souhaitent également produire et diffuser des contenus accessibles et responsables sur la santé mentale : articles, émissions de radio et de télévision, capsules audio et vidéo, podcasts, infographies, interviews et publications pour les réseaux sociaux.

Une attention particulière sera accordée au renforcement des capacités des journalistes. Des formations pourront notamment porter sur des sujets liés à la santé mentale et au soutien psychosocial, dont les premiers secours psychologiques. Le protocole prend également en compte les réalités auxquelles les journalistes peuvent être exposés dans l’exercice de leur métier, notamment les situations de violence, de catastrophe ou d’autres événements potentiellement traumatisants.

Le partenariat prévoit par ailleurs l’organisation d’activités communautaires, notamment une clinique mobile intégrant un volet consacré à la santé mentale. Des espaces spécifiques pourront être développés autour de problématiques concernant les enfants, les adolescents, les adultes ainsi que le bien-être et la santé mentale en milieu professionnel.

Dans le cadre de cette collaboration, l’AHPSY mettra, selon ses capacités et ses ressources, son expertise technique à la disposition du partenariat. L’association pourra notamment mobiliser des psychologues, contribuer à la validation technique des contenus, participer aux formations et aux émissions et accompagner la planification, le suivi et l’évaluation des activités conjointes.

À l’issue de la signature, les journalistes présents à la reprise des Jeudis du RHJS, ont reçu une copie du protocole et ont échangé avec les représentants des deux organisations. Les questions ont notamment porté sur le silence et les tabous qui entourent encore la santé mentale en Haïti, faisant de la sensibilisation et de la qualité de l’information des axes importants de cette nouvelle collaboration.

Notons que ce protocole est conclu pour une durée de deux ans à compter de sa signature, avec possibilité de renouvellement d’un commun accord entre les deux parties.

Fabiola Fanfan

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