Fils de Beaumont et héritier d’une mémoire que son père, Osner Jean-Louis, a fixée dans Souvenirs de Beaumont, Gaiegory Pierre poursuit, à sa manière, le chemin tracé par ce dernier : raconter sa ville, ses réalités et ses défis. Journaliste à Zanmy FM, il a affûté sa plume lors de l’atelier d’écriture du journal Le Beaumontois, sponsorisé par Marc Jéris Louis-Jean. Dans ce point de vue, il s’intéresse à une scène devenue familière les mardis et samedis : des rues transformées en marché à ciel ouvert, au rythme des étals et des marchandises. Au-delà des embouteillages et des désagréments, cette situation révèle surtout l’absence d’une infrastructure commerciale à la mesure des besoins de Beaumont et pose une question simple, mais pressante : jusqu’à quand la ville devra-t-elle faire son marché dans la rue ?
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Par Gaiegory Pierre
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À Beaumont, les jours de marché ne sont plus seulement des jours de commerce. Ils sont devenus des jours où la circulation s’arrête. Les mardis et samedis, les marchands installent leurs produits dans la rue, faute d’un espace commercial adapté. La voie publique se transforme alors en marché à ciel ouvert, obligeant à interrompre la circulation. Derrière cette scène devenue habituelle se pose une question essentielle : combien de temps encore Beaumont peut-elle fonctionner ainsi ?
La situation n’est pas qu’une affaire de vendeurs occupant la rue. Elle révèle surtout l’absence d’une infrastructure commerciale correspondant aux besoins d’une commune en développement. Les marchands ont besoin de vendre. Les consommateurs ont besoin d’acheter. Mais tous ont également droit à un environnement sûr, propre et organisé.
L’occupation de la voie publique expose d’abord les usagers à des risques d’accident. Elle complique les déplacements et perturbe la circulation des personnes et des véhicules. Elle soulève également des préoccupations sanitaires : gestion des déchets, poussière, eaux stagnantes et conditions de conservation de certaines marchandises. À cela s’ajoute la vulnérabilité des commerçants, dont les produits restent exposés au soleil, à la pluie et aux autres intempéries.
Ce qui devrait être une activité économique ordinaire devient ainsi une contrainte pour toute la communauté.

Pourtant, le problème est connu. Beaumont, située à environ 40 kilomètres de Jérémie, a besoin d’un espace commercial moderne, organisé et accessible. Un marché digne de ce nom permettrait de libérer les rues, d’améliorer les conditions de travail des marchands, de renforcer l’hygiène et la sécurité et de donner davantage de dynamisme à l’économie locale.
La question mérite donc d’être posée directement aux autorités : où est le projet de marché moderne de Beaumont ? Quelles dispositions sont envisagées ? Existe-t-il un terrain, une étude, un budget ou un calendrier ? La mairie, les autorités départementales et les éventuels partenaires disposent-ils d’une stratégie pour répondre à cette nécessité ?

Il ne s’agit pas de chercher des coupables, mais de demander des réponses et surtout une action.
Les marchands ne devraient pas être contraints de choisir entre gagner leur vie et respecter la circulation. La population ne devrait pas avoir à choisir entre accéder au marché et circuler librement. Une infrastructure commerciale adaptée peut permettre aux deux réalités de coexister.
Beaumont mérite mieux qu’un marché improvisé au milieu de la rue. Elle mérite un espace où vendre, acheter et circuler peuvent se faire dans la dignité et la sécurité.
Aux autorités, aux élus, aux leaders communautaires et aux partenaires de développement de transformer cette réalité en priorité. Car lorsqu’une rue doit régulièrement être fermée pour permettre à une commune de faire son commerce, ce n’est plus seulement un problème de circulation : c’est un signal qu’une infrastructure essentielle manque.
Gaiegory Pierre
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