Pendant un mois, les Grenadiers offriront peut-être à la nation ce qui lui manque le plus : une raison de sourire ensemble. Au-delà du sport, le retour d’Haïti à la Coupe du monde constitue une parenthèse de joie collective dont les bienfaits sur le moral et le vivre-ensemble méritent d’être célébrés.
Le RHJS fait sienne la définition de la santé adoptée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) : « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. »
À l’heure où notre sélection nationale retrouve la Coupe du monde après un demi-siècle d’absence, une mélodie du bonheur se fredonne sur toutes les lèvres : Ayiti nan batay. Plus d’une trentaine de chansons produites par nos artistes accompagnent déjà nos jours et nos nuits, témoignant d’un élan collectif rarement observé ces dernières années.
Le RHJS se réjouit de ce climat de détente et d’espérance. Dans un pays confronté quotidiennement à l’insécurité, à l’angoisse et aux incertitudes, ces moments de joie partagée ont une valeur inestimable. Le rire, l’enthousiasme et le sentiment d’appartenance constituent de puissants facteurs de bien-être. Ils contribuent à réduire le stress, à favoriser l’équilibre émotionnel et à soutenir la santé globale des individus et des communautés.
Les passionnés du ballon rond s’apprêtent à vivre la magie du Mondial 2026. Et si nos Grenadiers nous offrent de belles performances, de grandes joies éclateront à travers le pays. Ces instants de communion nationale représentent un déterminant important du bien-être psychosocial, essentiel à la qualité de vie.
Espérons des buts à chaque match, des victoires mémorables et des émotions capables d’alléger, ne serait-ce que temporairement, le poids des difficultés quotidiennes. Dans un contexte où l’insécurité nourrit l’anxiété et le stress, ces moments de bonheur collectif peuvent contribuer à apaiser les tensions et à restaurer l’espoir.
Le bonheur ne résout pas tous les problèmes, mais il aide à mieux les affronter. Il favorise la résilience, renforce les liens sociaux et nourrit les ressources psychologiques dont chacun a besoin pour continuer à avancer.
Au RHJS, nous comprenons qu’il y a un temps pour tout.
Un temps pour parler, un temps pour se taire. Un temps pour regarder en face les blessures du quotidien, et un temps pour laisser le cœur s’alléger.
À l’heure où Haïti retrouve la Coupe du monde, quelque chose s’ouvre malgré tout : une brèche dans la lourdeur des jours, une respiration dans l’épaisseur de l’ordinaire.
Le peuple haïtien ne renie rien de ce qu’il vit. Il n’oublie ni ses souffrances ni ses combats. Mais pendant quelques semaines, il choisit aussi de croire, de vibrer et d’espérer. Il choisit de se tenir debout autrement, porté par onze joueurs et par une même idée du rêve.
Dans les rues, dans les maisons, sur les places publiques et sur les ondes, le ballon roule comme un souffle. Et parfois, un souffle suffit pour aider tout un peuple à tenir.
Car il est des moments où l’histoire n’exige pas seulement d’être racontée. Elle demande aussi d’être vécue dans la joie, même fragile, même brève.
Alors oui, il y a un temps pour chaque chose.
Et maintenant, c’est le temps du rêve.
Claude Bernard Sérant
Secrétaire général du RHJS
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