Une quinzaine de journalistes ont été formés sur les Violences basées sur le genre (VBG) dans les camps de déplacés internes par la Fondation SEROvie, ce lundi 31 mars, à La Réserve, à Pétion-Ville. Cette journée de formation, placée sur le thème « Situation de la VBG dans les camps de déplacés internes », s’inscrivait dans le cadre du projet « Assistance Psychologique Spécialisée aux Survivant·e·s d’actes de VBG ». Des professionnels de la santé ainsi que des influenceurs ont également pris part à cette activité.

Il est 10h, et le coup d’envoi vient d’être donné. D’entrée de jeu, la conseillère technique, l’infirmière Nadège Shailanda Lamarque, a planté le décor. Elle a présenté les objectifs de cette formation, qui vise à outiller les journalistes pour mieux appréhender la VBG. Ensuite, elle a engagé une discussion avec les participants sur leurs attentes.
Parlant de ces violences, le psychologue mentor de la Fondation SEROvie, Vinson Bradley Noel, a levé le voile sur la notion de VBG. Il en a défini les catégories et les types, tout en insistant sur leurs conséquences, notamment leurs impacts sociaux : dépression, pensées suicidaires, hypervigilance. Il a également énuméré les causes, citant entre autres la promiscuité dans les camps de déplacés, les mentalités discriminatoires et les inégalités. Le psychologue a plaidé pour une prise en charge holistique afin de restaurer la dignité des victimes.
« La VBG a un impact sur la santé mentale des survivantes », a souligné le professionnel. « Les survivant·e·s doivent bénéficier d’un accompagnement à la fois médical, psychologique et juridique », a-t-il poursuivi. Il a également rappelé que « le soutien aux victimes peut être individuel ou collectif ».

Cette formation a aussi été l’occasion pour une responsable de camp, témoin de ces violences, de partager son expérience. Les récits de Francesca Beaujour, responsable du camp de déplacés du Lycée des Jeunes Filles (Cent-cinquantenaire) – contraint de se délocaliser en raison de l’insécurité – ont permis d’illustrer concrètement les VBG. Mme Beaujour a appelé à un renforcement de l’appui psychosocial pour améliorer les conditions de vie déjà précaires dans les camps. Elle a alerté sur le fait que, dans les nouveaux sites de refuge, les femmes sont encore plus exposées aux violences.
Par ailleurs, Marjorie Bertrand, spécialiste en genre, a rappelé le cadre légal de la VBG en Haïti. Elle a insisté sur la nécessité d’un accompagnement renforcé en cas de viols, pointant du doigt les lacunes des systèmes sanitaire et judiciaire. « Ils manquent de moyens pour recueillir des preuves fiables, comme des empreintes ou des analyses ADN », a-t-elle déploré. Un vide préjudiciable, selon elle, alors que « dans un procès, le doute profite à l’accusé ». Elle a également évoqué le rôle des médias et la responsabilité des journalistes dans le traitement de ces sujets sensibles.
L’atelier s’est clôturé par une restitution des travaux, incluant la production de contenus audiovisuels basés sur des textes journalistiques. Enfin, le comité organisateur a remis les certificats aux participants avant de lancer des ballons, symbole d’engagement contre la VBG.
Joubert Joseph













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