En vue de l’accompagnement de la prise en charge de la femme enceinte séropositive et de son nouveau-né, une journée de sensibilisation autour du renforcement des capacités des organisations de la société civile a eu lieu, le lundi 25 mars dernier, à Pétion-Ville. Cette activité qui a mobilisé plus d’une cinquantaine de personnes est pilotée par l’Organisation de développement et de lutte contre la pauvreté (ODELPA). Elle a eu l’appui technique du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA). Cette journée se voulait un espace de partage et d’échange entre les différents acteurs impliqués dans la lutte contre le virus du sida en Haïti.
Ce programme vise à stopper la propagation du Vih/Sida de la mère à l’enfant via la méthode PTME (Prévention-Transmission-Mère-Enfant). Dans cette perspective, il était question, pour les participants, dans un premier temps, de passer en revue les avancées enregistrées dans le secteur en matière de prévention, de prise en charge et de traitement, avec un intérêt particulier sur la PTME.
En effet, la PTME concerne les interventions conçues pour réduire ou empêcher la transmission du Vih/Sida de la mère à l’enfant grâce à une prise en charge thérapeutique à l’aide des antirétroviraux (ARV) et un accompagnement psychosocial. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les femmes enceintes séropositives ont un risque élevé (30%) de transmission du virus à leur bébé durant leur grossesse, à la naissance ou en le nourrissant au sein.
Pour ce qui a trait à Haïti, un rapport du Ministère de la santé publique et de la population (MSPP), sur la situation du Vih/Sida, publié début 2016, estime que 90,6% de femmes enceintes ont effectué un test de dépistage, au cours de l’année 2015. Le taux de séropositivité constaté sur la proposition de femmes dépistées au cours de la période était de 2,3%, toujours selon le rapport du MSPP qui révèle que dans l’intervalle le nombre de femmes enceintes séropositives qui ont été enrôlées aux antirétroviraux se chiffrait à 4 576.
Pour les organisateurs, ce sont des efforts certes considérables mais qui méritent toutefois d’être réadaptés pour des résultats beaucoup plus tangibles. Aussi, réalisent-ils, dans un second temps, des ateliers de travail sur les stratégies d’adaptation de meilleurs outils de sensibilisation visant le dépistage précoce et la prise en charge des femmes enceintes seropitives.
Objectif : Réduire voire stopper la propagation du virus du sida, de la mère à l’enfant, d’ici à 2030. Une telle démarche répondra aux objectifs de développement durable (ODD), adoptés en 2015, par les différents pays membres des Nations-Unies, dont Haïti.
En marge de la séance, les participants ont formulé certaines recommandations susceptibles de renforcer l’implication des communautés dans la lutte. Il s’agit notamment d’intégrer dans le cursus scolaire haïtien un programme d’éducation à la sexualité, de renforcer le système de communication de masse, impliquant les communautés religieuses et sociales, d’élargir les séances de sensibilisation sur la prévention du Vih/Sida, au bénéfice des agents de santé et des matrones.
Pour la directrice exécutive de l’ODEPA, Madame Sœurette Policar Montjoie, la réalisation de cet atelier de travail sur la participation communautaire dans l’accompagnement de la prise en charge des femmes enceintes vivant avec le virus s’inscrit dans la perspective de reduction de la chaine de transmission Mère-Enfant.
« Nous sommes heureux d’avoir pu réunir autour d’une même table, tout ce beau monde, pour discuter d’une seule voix des actions à entreprendre en vue de mettre un terme à la propagation du virus en Haïti. De tells actions qui ont déjà connu par le passé des succès-stories », s’est réjoui la défenseure des causes des PVVIH, soulignant au passage que d’autres activités similaires sont prévues dans les jours à venir, avec notamment, les leaders religieux.













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