À l’occasion du lancement officiel d’Immigrants nous sommes au Canada, le secrétaire général du Réseau haïtien des journalistes de la santé (RHJS), Claude Bernard Sérant, a salué une initiative qu’il présente comme un espace de solidarité, d’intégration et d’engagement citoyen au service des nouveaux arrivants. Dans cette allocution prononcée à distance depuis Port-au-Prince, il rend hommage aux fondatrices du projet et souligne la portée humaine d’une démarche qui, selon lui, dépasse les frontières pour construire des passerelles entre les communautés.

Mesdames,
Messieurs,
Ce samedi 11 juillet 2026 est un grand jour. Grécia m’a téléphoné personnellement ce matin pour me rappeler cet événement qui réunira tant de belles personnes. Je lui ai alors dit : « Je dois tout de même prononcer quelques mots pour bénir ce moment. » J’entends bénir dans le sens latin de ce vocable : bene dicere, autrement dit, dire du bien.
Je ne peux dire que du bien lorsque des esprits éclairés, réunis avec vous aujourd’hui, illuminent une communauté par des idées qui apportent tant d’énergie, tant d’espoir, que leurs rayons dépassent largement les frontières de cette communauté.
En portant le projet Immigrants nous sommes, vous allez bien au-delà d’un cercle restreint de personnes. Vous portez haut un idéal dans l’esprit d’un monde qui s’agrandit, d’un monde où chacun met son savoir, son savoir-faire et son savoir-être au service de la société, pour bâtir un monde nouveau où les immigrants que nous sommes se donnent la main dans un esprit d’amour, d’union, de fraternité et de respect mutuel.
Cet événement auquel nous prenons part, vous au Canada, moi en Haïti, fera date dans notre mémoire.

Immigrants nous sommes a une histoire. Il fut d’abord un rêve. La première personne à m’en avoir parlé, bien entendu, c’est Grécia, Grécia Alexandre. Aujourd’hui, Immigrants nous sommes est devenu une réalité.
Pour moi, journaliste qui suis depuis Port-au-Prince, en Haïti, le travail de mes consœurs Grécia Alexandre, Darline François et Michaelle Lemaine, je ne peux qu’être enchanté de les voir s’associer à d’autres, au pays de l’érable. Aux dernières nouvelles, plus de vingt-cinq personnes portent Immigrants nous sommes à travers plusieurs volets et de nombreux projets phares, comme on peut le lire sur leur site :
- Passerelle linguistique, un programme conçu spécialement pour les nouveaux arrivants qui souhaitent briser la barrière de la langue.
- Centre d’aide matérielle, consacré à la collecte et à la distribution de biens essentiels, de nourriture et de meubles afin d’aider les familles à construire un foyer confortable.
- Alphabétisation numérique, pour qu’il n’y ait plus d’analphabètes numériques. On y enseigne aux nouveaux arrivants à utiliser un ordinateur, à naviguer sur Internet et à maîtriser les outils bureautiques essentiels afin de faciliter leur intégration au marché du travail.
Le site proclame une vision inspirante : la dignité à chaque étape, l’intégration dans chaque communauté. N’est-ce pas merveilleux ?

Depuis le jour où j’ai visionné la première émission de ce trio de journalistes sur YouTube, je savais que ce projet tiendrait la route. Ce n’est ni Marc Rochenal Louis Jean ni Anial Joseph, membres du comité administratif, qui me diront le contraire.
Grécia m’envoyait régulièrement les émissions afin que je porte un regard critique sur le travail de l’équipe de communication.
Fidèle à mon instinct, je lui disais toujours la vérité. Non pas une vérité qui se résumerait à dire : « J’aime » ou « Je n’aime pas ». Ce serait trop facile de lever simplement le pouce, à la manière des utilisateurs des réseaux sociaux. Ma critique devait s’appuyer sur une véritable conscience analytique, capable de mettre en lumière les forces comme les faiblesses des présentatrices.
Vous l’imaginez, je n’avais pas le beau rôle.
En alliant ma sensibilité à ma conscience professionnelle, je leur proposais des pistes d’amélioration tout en les encourageant à poursuivre dans cette voie.
À bien y regarder, ces professionnelles de l’information ont toujours été des leaders. J’ai rencontré Grécia, Darline et Michaelle au Réseau haïtien des journalistes de la santé (RHJS). Au passage, le RHJS, dont je suis l’actuel secrétaire général, célébrera son treizième anniversaire en septembre prochain. Les fondatrices d’Immigrants nous sommes comptent également parmi les fondatrices du RHJS.
Ce sont des journalistes multimédias, des journalistes de terrain qui ont œuvré à Port-au-Prince dans les domaines de la santé, de l’environnement et des droits humains. Aujourd’hui installées au Canada, elles poursuivent cette même mission.

Chères amies,
Poser les bases d’un tel projet, c’est accomplir l’œuvre de bâtisseurs qui préparent une route sur laquelle d’autres, après vous, marcheront.
« Un proverbe africain nous enseigne que si l’on veut aller vite, on marche seul; mais si l’on veut aller loin, on marche ensemble.
Vous avez choisi d’aller loin.
Alors, marchons ensemble, avec cette conviction qu’aucun immigrant n’est condamné à l’isolement lorsqu’il rencontre une communauté qui lui tend la main.
Vive Immigrants nous sommes.
Je vous remercie. »
Claude Bernard Sérant
Secrétaire général du RHJS













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