Alors qu’Haïti traverse une crise sécuritaire et humanitaire sans précédent, les droits des filles restent fragiles. À l’occasion de la Journée internationale de la fille, la Jeunesse engagée pour la Renaissance d’Haïti (JERH), en partenariat avec Plan International Haïti et le Gouvernement Jeunesse d’Haïti (GJH), a réuni plusieurs dizaines de jeunes à Pétion-Ville pour réfléchir à un combat encore trop méconnu : la lutte contre les mariages et unions forcés.
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Par Clovesky André Gérald PIERRE
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Le 11 octobre 2025, à l’occasion de la Journée internationale de la fille, ayant cette année pour thème « Des filles libérées des unions forcées », la Jeunesse engagée pour la Renaissance d’Haïti (JERH), en collaboration avec Plan International Haïti et le Gouvernement Jeunesse d’Haïti (GJH), a organisé un atelier de réflexion au restaurant La Réserve, à Pétion-Ville.
Plusieurs dizaines de jeunes filles s’y sont réunies autour d’un débat essentiel : le droit à l’enfance, à l’éducation et à la dignité.

Célébrée chaque 11 octobre, la Journée internationale de la fille met en lumière les luttes et les aspirations des jeunes filles à travers le monde. En Haïti, malgré l’interdiction légale du mariage des enfants, les unions précoces et forcées demeurent une réalité persistante, privant chaque année des milliers de filles de leur enfance, de leur scolarité et de leurs rêves.
Face à ce constat, le JERH et le GJH, avec l’appui de Plan International Haïti, ont tenu un atelier participatif riche en discussions, échanges et propositions concrètes autour de cette problématique.
L’activité s’est articulée autour d’un panel divisé en trois grands thèmes : les racines du mariage précoce en Haïti, entre influences familiales et normes sociales ; l’impact du mariage précoce sur les filles et la société haïtienne ; et enfin, le plaidoyer et les politiques publiques nécessaires pour combattre ce phénomène.
Des ateliers pratiques ont suivi, permettant aux participantes de formuler leurs propres recommandations.
Lors de son intervention, Stéphanie Sophie Louis, jeune présidente du Gouvernement Jeunesse d’Haïti et coordonnatrice générale de la JERH, a souligné la gravité de la situation : « C’est une situation alarmante, qui nous appelle toutes et tous à la réflexion. Pas parce que nous détenons seules les solutions, mais parce que nous devons participer activement à leur recherche pour un problème qui nous concerne directement. »
Un combat qui s’inscrit dans une conjoncture alarmante
Cette initiative intervient dans un contexte particulièrement difficile. Selon une note de Plan International Haïti, la violence généralisée, l’insécurité et la dégradation de la situation humanitaire ont provoqué le déplacement de plus de 1,3 million de personnes, dont plus de la moitié sont des enfants.

La violence sexuelle et sexiste atteint un niveau alarmant, avec plus de 6 400 cas signalés entre janvier et août 2025, touchant principalement des femmes et des filles.
Les chiffres du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) confirment cette tendance : entre avril et juin 2025, 1 520 personnes ont été tuées, 609 blessées et 628 victimes de violences sexuelles recensées, dont 85 % de viols collectifs. Dans ce climat d’extrême vulnérabilité, le mariage forcé apparaît souvent comme un mécanisme de survie ou une protection illusoire contre les violences.
Pour une mobilisation durable contre le mariage des enfants
Dans son intervention, Neyssa Senélier, jeune ministre à la Condition féminine et aux Droits de la femme au GJH, a rappelé que cette réalité s’aggrave avec la violence, la faim et la pauvreté extrême, qui exposent un nombre croissant de filles – et parfois de garçons – aux unions forcées et à d’autres formes de violence.
Elle a insisté sur l’urgence d’une action concertée : « Le mariage précoce est une violation des droits de l’enfant. Il le prive de son enfance, de son éducation et de sa dignité. Agir maintenant, c’est sauver ce qui peut encore l’être. »
L’atelier du 11 octobre s’est conclu sur une série de recommandations formulées par les participantes et les intervenantes. Elles ont plaidé pour une meilleure protection des filles et une application plus stricte des lois existantes.
Les échanges ont permis aux jeunes filles de s’exprimer librement sur leurs réalités, d’analyser les causes profondes du problème et de dégager plusieurs pistes d’action pour freiner les unions précoces en Haïti.
Clovesky André Gérald PIERRE, Cloveskypierre1@gmail.com
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