Les postulants de Miss & Mister Teen Kiskeya 2025 ont participé, au local du Réseau haïtien des journalistes de la santé (RHJS), à une séance de formation sur les violences basées sur le genre. Une initiative destinée à les sensibiliser et à renforcer leur rôle dans la lutte contre ce fléau.
Par Marc-Kerley FONTAL
« Le fait d’occasionner à autrui, par la violation délibérée d’une obligation particulière de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement, une atteinte involontaire à l’intégrité physique entraînant une incapacité totale de travail de plus de six mois est passible d’un emprisonnement de six mois à un an et d’une amende de 10 000 gourdes, ou de l’une de ces peines seulement. »

Cette disposition de l’article 294 du nouveau Code pénal haïtien a été présentée par Me Abigail DEROLIAN.
L’avocate s’exprimait lors d’un atelier de formation sur les Violences Basées sur le Genre (VBG), tenu ce vendredi 19 septembre 2025, au local du Réseau Haïtien des Journalistes de la Santé (RHJS). Organisée sous l’égide de l’association Kiskeya, en partenariat avec Nègès Mawon, cette initiative visait à sensibiliser et outiller les sept postulants de la 4e édition du concours Miss & Mister Teen Kiskeya. L’objectif : forger une génération consciente de ses responsabilités civiques face aux violences genre-spécifiques et transformer ces jeunes ambassadeurs en vecteurs de changement social.
Une réalité préoccupante
Les chiffres officiels rappellent l’ampleur du problème. D’après l’Enquête sur la Mortalité, la Morbidité et l’Utilisation des Services (EMMUS-VI, 2018), une femme sur huit en Haïti a déjà été victime de violences. Depuis août 2023, la situation s’est aggravée, particulièrement dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, où la montée de l’insécurité exacerbe les violences basées sur le genre. Cette évolution alarmante exige une mobilisation urgente de la jeunesse haïtienne contre ce fléau.

Le droit au service de la protection
Dès le début, les participants se sont montrés attentifs, plongeant dans le contenu juridique. La coordonnatrice du projet de marrainage de Nègès Mawon a souligné les avancées du nouveau Code pénal en matière de lutte contre les VBG, mettant en évidence leur portée concrète dans la défense des droits humains.
Appelant les jeunes à s’engager, elle a lancé : « Vous n’êtes jamais trop petit(e) pour vous engager. » Ses mots ont insufflé une atmosphère d’échange et de réflexion. La formation s’est articulée autour d’un renforcement de capacités, suivi d’ateliers pratiques favorisant une compréhension progressive et active.

Scindée en deux volets, la première séquence a permis de décortiquer les manifestations des VBG, notamment à l’ère numérique, tout en présentant l’arsenal législatif haïtien. Plusieurs articles traitent désormais de cybercriminalité et de violences sexistes, illustrant la volonté de l’État d’adapter son cadre juridique aux défis contemporains. La seconde partie, résolument interactive, a invité les jeunes à analyser les causes profondes et à proposer des mécanismes de réponse concrets.
Des voix qui portent
« J’étais dans mon assiette, j’ai acquis beaucoup de connaissances. Je me sens désormais mieux préparée à sensibiliser mon entourage », a témoigné Taina SAIN JEAN, l’une des participantes les plus investies.

Toujours en quête d’apprentissage, Ruth-Chama FORTUNÉ, 16 ans, a confié : « C’était une très belle initiative. Le format participatif m’a poussée à réfléchir sur ma propre responsabilité face aux violences. »
De son côté, Bryan SÉVÈRE, 17 ans, a évoqué une véritable prise de conscience. « Cette séance m’a permis de voir à quel point les violences de genre sont présentes dans notre quotidien, surtout chez les femmes », a-t-il affirmé.
Une clôture porteuse d’espoir

La rencontre s’est achevée dans une atmosphère solennelle, ponctuée d’une séance photo où chaque sourire traduisait une détermination nouvelle. Autour de Me Derolian, les participants ont affiché une posture d’ambassadeurs prêts à relever le défi.
En marge de l’événement, le secrétaire général du RHJS, M. Claude Bernard SERANT, a livré quelques conseils empreints de sagesse et salué le caractère novateur de l’initiative : « Félicitations d’avoir osé faire le choix de ce concours. Votre implication contribue à bâtir un avenir plus responsable. »
Cette initiative aura permis de tisser un nouveau réseau de sentinelles contre les violences de genre, confirmant une fois de plus que l’espoir réside dans l’éducation et l’engagement des jeunes générations.
Marc-Kerley FONTAL
marckerleyfontal@gmail.com












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