Le MSPP renforce la lutte contre le cancer et les maladies chroniques

Dr Gabriel Thimothé

Le ministère de la Santé publique et de la Population a lancé, lors d’une cérémonie officielle, l’unité de coordination des maladies non transmissibles et des traumatismes ainsi que le Comité de pilotage de l’Institut National de Cancérologie. Entouré de partenaires techniques, de cadres du MSPP et de la société civile, le directeur général Dr Gabriel Thimothé a rappelé l’urgence d’agir face au poids croissant du cancer et des maladies chroniques en Haïti.

Le directeur général du MSPP Dr Gabriel Thimothée

 

À la salle de conférence du ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), le lundi 22 septembre 2025, l’assistance était à la hauteur de l’événement. Un parterre de personnalités : le ministre de la Santé, Dr Bertrand Sinal, le Secrétaire d’État à la Population et au Développement Humain, l’Ambassadeur de Taïwan, le Représentant de l’OPS/OMS, celui de l’UNFPA, le Directeur Général du Centre Ambulancier National, la Brigade médicale du Québec, mais aussi des directeurs centraux et départementaux, des cadres du ministère, des partenaires techniques et financiers, sans oublier les représentants de la société civile et un parterres de journalistes.

Deux grands événements au MSPP

Dans ce décor solennel, Dr Gabriel Thimothé, Directeur général du MSPP, a pris la parole. D’entrée de jeu, il a placé la barre haute : « Ce matin, nous sommes réunis pour deux grands événements : la mise en place de l’unité de coordination des maladies non transmissibles et des traumatismes ; et l’installation du Comité de pilotage pour la création de l’Institut National de Cancérologie. »

L’importance du moment se lisait sur les visages. Dr Thimothé n’est pas un nouveau venu. Ce natif de Trou-du-Nord, dans le Nord-Est, connaît bien « la boîte ». Il a occupé le fauteuil de Directeur général du MSPP sous le leadership de huit ministres de la Santé. Une longévité rare.

Professeur de biostatistique et de thérapeutique à la Faculté de médecine et de pharmacie de l’UEH, il n’a jamais abandonné la craie et le tableau noir. À la tribune, il a rappelé que les maladies non transmissibles, longtemps ignorées, ont désormais supplanté les maladies infectieuses. Vieillissement, modes de vie, alimentation : autant de facteurs qui expliquent la montée du cancer, de l’hypertension, des maladies cardiovasculaires et des traumatismes.

Face à cela, le ministère a décidé de réagir. « Pendant longtemps, nos partenaires concentraient leurs efforts sur le VIH, la tuberculose ou la malaria », a rappelé le médecin. « Mais depuis une décennie, grâce notamment à l’OPS/OMS, le paradigme a changé. » L’unité nouvellement installée doit marquer un tournant : permettre aux patients d’accéder à des soins de qualité, malgré le coût plus élevé des maladies chroniques.

Un autre chantier se dessine : l’Institut National de Cancérologie. Jusqu’ici, les patients haïtiens sont contraints d’aller à Cuba ou en République dominicaine. Trop cher, trop loin. « Il est temps d’offrir en Haïti une prise en charge digne et accessible », a lancé Dr Thimothé, sous les applaudissements.

Le projet repose sur trois piliers : l’engagement des techniciens haïtiens, l’appui des partenaires et la mobilisation des associations civiles, notamment celles qui accompagnent les personnes atteintes du cancer. Plusieurs de ces militants, touchés dans leur chair ou dans leur famille, étaient dans la salle et ont été salués avec émotion.

La voix du directeur général s’est faite plus grave : « Une première tentative avait été faite en 2008, mais elle n’avait pas abouti. Aujourd’hui, nous sommes convaincus que cette fois-ci sera la bonne. » Il a promis que l’Institut sera implanté hors de la capitale. Il a profité de ce moment pour saluer, la présence dans la salle, de l’un des pionniers de la lutte contre le cancer en Haïti: le Dr Ronald Cornély.

En ce matin d’installation, Dr Gabriel Thimothé a écrit un nouveau chapitre de son long compagnonnage avec le MSPP. Aux côtés du ministre,  Dr Bertrand Sinal, qui a lui aussi insisté sur la nécessité d’agir face à l’urgence sanitaire, il a rappelé que la lutte contre le cancer et les maladies chroniques ne pouvait plus attendre.

Texte : Claude Bernard Sérant

serantclaudebernard@yahoo.fr

Photo : Greslet Étienne

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