Déplacés internes d’Haïti : quand l’oubli devient insupportable

Editorial

Dr Odilet Lespérance, premier secrétaire général du RHJS

En Haïti, des centaines de milliers de déplacés internes survivent dans des conditions insalubres, oubliés par la société et exposés à la maladie et à la violence. Le Réseau haïtien des journalistes de la santé (RHJS) rappelle aux journalistes leur rôle essentiel : donner voix aux invisibles, faire de la santé publique un sujet central, et montrer que la presse est le quatrième pouvoir.

Le lauréat du prix Dr Odilet Lespérance de la presse audiovisuelle recevra 100 000 gourdes

Ces hommes, femmes et enfants ne sont pas seulement victimes d’insécurité ou de catastrophes naturelles. Ils sont exposés à des conditions insalubres, à la promiscuité et à des maladies évitables comme le choléra. Ils survivent dans des camps de fortune, où la solidarité entre voisins remplace l’action de l’État. Chaque pluie, chaque tempête, chaque nuit à la belle étoile devient un défi quotidien pour rester en vie.

Il est temps que la presse haïtienne se penche sur leur sort avec sérieux et compassion. Car notre métier n’est pas seulement de rapporter des faits : il est de donner voix à ceux que la société ignore, de rendre visibles les invisibles. La santé publique, la dignité et la sécurité de nos compatriotes doivent devenir des sujets centraux du débat médiatique.

Dr Odilet Lespérance, le premier secrétaire du RHJS

C’est dans cet esprit que le Réseau haïtien des journalistes de la santé (RHJS) a décidé de prolonger la date de soumission des reportages pour la 5ᵉ édition du Prix Dr Odilet Lespérance. Les journalistes ont désormais jusqu’au 30 septembre 2025 pour participer à ce concours national, ouvert à toutes les formes de presse : écrite, parlée ou audiovisuelle. Neuf prix sont en jeu, dont trois premiers prix de 100 000 gourdes chacun. Une occasion unique de faire résonner la voix des oubliés, et de montrer que le journalisme haïtien peut éclairer les réalités invisibles de notre pays.

Mais plus que des récompenses, c’est notre devoir de citoyen et de journaliste qui est en jeu. La presse est ce pouvoir silencieux capable de réveiller les consciences et de changer le cours des choses. Quand nous choisissons de fermer les yeux, ces vies oubliées restent dans l’ombre. Quand nous choisissons de raconter, nous devenons le pont entre la douleur et la justice, entre l’indifférence et l’action.

Alors, chers confrères et consœurs, prenez vos carnets, vos micros et vos caméras. Allez dans ces camps, racontez ces histoires, témoignez de cette souffrance humaine qui ne peut plus être ignorée. Parce qu’au bout du compte, ce rappel doit frapper chacun d’entre nous : la presse est le quatrième pouvoir. Et c’est dans cette responsabilité que réside notre vraie force.

Claude Bernard Sérant

secrétaire général du RHJS

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