Marie Juliane David, membre active du Réseau Haïtien des Journalistes de la Santé (RHJS), signe depuis le New Jersey aux États-Unis un hommage vibrant à travers la poésie. Étudiante en médecine à l’Université d’État d’Haïti (UEH), elle a quitté Port-au-Prince pour se mettre à l’abri, mais son cœur reste solidement ancré parmi les siens, au RHJS et dans sa chère patrie. Son poème fait résonner douze années de lumière et d’espérance, retraçant l’histoire d’un réseau qui a façonné des journalistes capables de porter la vérité et l’information sur la santé à travers Haïti et au-delà. Inspirée par les fondateurs et les aînés du RHJS, Marie Juliane a elle-même embrassé le journalisme multimédia, suivant les pas de Louiny Fontal, Gladimy Ibraïme et aussi d’un tout nouveau qui s’est inscrit dans la logique des aînés, le jeune Jobenson Andou. Le poème de Marie Juliane est une passerelle entre continents, un pont entre passé, présent et avenir, célébrant courage, persévérance et lumière du réseau.

Les voix qui éclairent les douze ans du RHJS
Par Marie Juliane David
Il y a douze ans, un pacte fut scellé,
Des plumes, des voix dont décidé à marcher :

Claude Bernard, vigie de la mémoire,
Gladimy Ibraïme, Louiny Fontal, gardiens de l’histoire.
Louinel Jean-Louis, Stevenson Jacques Saint-Louis,
Jeannot Jean-Philippe, Edrid St-Juste, Nytale Pierre, Lemaine Michaêlle, témoins des blessures et des renaissances.
Puis vinrent Lovely Stanley Numa, Betty Désir, Gabrielle René, Darline François, Grécia Alexandre, Thatessiana Thomas, gardiennes des faits.
Florence Lisené Pluviose, Jean Allens Macajou, Eloge Milfort, ciseleurs patients de reportages.
Sabry Iccénat, Dieumaître Dessources, Samuel Cadet, semeurs de paroles dans la conscience.
Mac-Kerley Fontal, Esperancia Jn Noël, porteurs d’nformation qui sauve et éclaire.
Jobenson Andou, Fabiola Fanfan, Wooselande Isnardin,
Marie Juliane David, Duckerns Exumé, Junior Bazile, Daana Sternitch,
Indeed Gabriel, jeunesse à paraître, jeunesse éternelle.
Ainsi s’est levé le RHJS,
un réseau que nul n’a jamais défait.
Collecter, analyser, diffuser,
tel est l’art de vos journalistes engagés.
Transformer le savoir complexe en clarté,
rendre accessible ce qui semblait lointain,
vérifier les sources, croiser les voix,
collaborer avec les experts pour éduquer le peuple.
Chaque reportage est une école,
chaque article un remède,
chaque voix levée un souffle d’espérance.
Informer pour soigner,
éclairer pour sauver :
voilà le serment que vos cœurs ont juré.
Un jour à Jacmel, un jour à Port-au-Prince,
des voix nouvelles ont pris naissance.
Pierre-Paul Ancion, plume de Radio Sud-Est Star,
et Sabry Iccénat, de Radio Nationale,
ont brillé dans une session de six mois,
sept étapes franchies par une trentaine de journalistes.
Guidés par des aînés, accompagnés de médecins,
ils ont appris à lier rigueur et vérité.
Et comme prix de leur persévérance,
le monde leur a ouvert ses portes :
Washington, la Voix de l’Amérique,
le service créole,
l’USAID, l’OPS, l’Institut national de la santé,
et même le CDC, cœur battant de la prévention.
Ces voyages sont devenus des phares,
éclairant la route du réseau tout entier.
Dans les hôpitaux, dans les campagnes lointaines,
vous avez porté vérité contre la peine.
Choléra, VIH, maternité en souffrance,
tuberculose, malaria, dengue, diphtérie,
maladies hydriques, infections respiratoires,
vos micros ont tout recueilli.
Vous avez parlé d’hypertension,
de cœurs fatigués, de diabète, de cancers :
chaque mot partagé devient délivrance,
chaque reportage, une lampe dans la nuit.
Et quand la terre trembla,
quand les ouragans balayèrent les toits,
vous avez transformé le chaos en clarté.
Car protéger la terre, c’est garder la vie,
et l’écologie demeure l’avenir d’Haïti.
Les prix ont fleuri pour honorer vos plumes.
Le Prix Dr Odilet Lespérance rallume
la mémoire d’un pionnier visionnaire,
dont l’esprit guide encore vos lumières.
De Port-au-Prince aux continents lointains,
vos voyages ont porté haut la voix d’Haïti.
Séminaires, forums, échanges fraternels :
chaque pas franchi devient un pont éternel.
Douze ans d’engagement, douze ans de combat,
douze ans de lumière qui jamais ne s’éteindra.
Ô RHJS, sentinelle d’espérance,
tes mots sont semence, justice et alliance.
Et demain encore, ton encre immortelle
écrira la santé, la paix universelle.
Car vous le savez, la santé est sensible :
une erreur, et le mal devient terrible.
Alors vous formez, vous enquêtez, vous vérifiez —
on ne s’improvise pas journaliste de santé.
Pas de sensationnalisme,
mais des paroles claires, vérifiées, pédagogiques.
Informer et sensibiliser : telle est votre mission.
Vive le RHJS !
Notre population a droit au bien-être,
et la santé, trésor fragile,
reste notre seule richesse.
Marie Juliane David
New Jersey, USA








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