Pendant deux jours, plus d’une cinquantaine de professionnels des médias ont été formés aux gestes qui sauvent, à l’initiative du Réseau Haïtien des Journalistes de la Santé (RHJS). Une réponse concrète à la nécessité d’agir vite et bien face aux urgences.
« Savoir réagir, c’est déjà sauver ». Conscient de cette vérité, le Réseau Haïtien des Journalistes de la Santé (RHJS) a organisé, les vendredi 13 et samedi 14 juin 2025, une formation intensive en secourisme à son siège situé à Delmas 48, No 12. Plus d’une cinquantaine de journalistes, issus de divers médias de la capitale, ont répondu à l’appel. Pendant deux jours, sous la direction du docteur Robens Bertrand Rock, ils ont été initiés aux gestes essentiels qui peuvent faire la différence entre la vie et la mort.

Le directeur du Centre de formation des secouristes et paramédics d’Haïti, Dr Rock que le secourisme est un domaine hautement important en Haïti. À cause de la fréquence des catastrophes naturelles et des troubles sociaux dans le pays, il est urgent de savoir les gestes essentiels pour aider les personnes en détresse et à promouvoir une culture du secourisme dans la communauté.
Comment agir face à une personne inconsciente ? Quel comportement adopter en cas d’accident, de malaise ou d’incendie ?
À travers des démonstrations pratiques et des mises en situation, les participants ont appris à anticiper, sécuriser, alerter et intervenir efficacement. Cette formation, axée sur la prévention et les premiers secours, a suscité un vif intérêt et un réel engagement de la part des journalistes présents.
Témoignages
« Je sais maintenant que notre premier secours vient rarement des pompiers ou des ambulanciers. Il vient souvent de la personne à côté de nous », confie Nicolson Delva, journaliste à la Radio Télé Ginen. « Ce que j’ai appris va m’accompagner toute ma vie. Je suis persuadé qu’il est vital que toutes les institutions, publiques comme privées, forment du personnel au secourisme. »

Jean Allens Macajoux, journaliste à Radio Galaxie et au journal en ligne Vant Bèf Info, partage le même constat : « Ces deux journées ont été d’une grande richesse. Je sais maintenant comment réagir face à une hémorragie, un étouffement, ou un arrêt respiratoire. Ces gestes doivent faire partie de notre savoir de base, surtout quand on est souvent sur le terrain. »
Me Astrel Céus, journaliste et PDG de Radio Esther FM à Saint-Marc, insiste pour sa part sur l’utilité quotidienne de ces apprentissages.
« J’ai compris l’importance d’être toujours prêt à intervenir pour venir en aide à une victime, tout en prenant soin de ma propre sécurité. Que ce soit dans la rue ou face à un phénomène naturel, je me sens désormais capable de protéger ma famille, mon entourage immédiat et de prodiguer les premiers soins à une personne en détresse », a-t-il confié.
Enfin, Clovesky André Gérald Pierre, journaliste au journal en ligne La Ruche, appelle à une démocratisation du secourisme en Haïti.

« Il s’agit souvent de gestes simples, mais leur ignorance peut coûter une vie. Dans quelle position mettre une personne inconsciente, en état de choc ou en arrêt respiratoire ? Ces connaissances doivent être accessibles à tous : dans les écoles, les familles, les organisations. »
À travers cette initiative, le RHJS réaffirme sa volonté de renforcer les capacités des journalistes en matière de gestion des risques et de situations critiques. Une démarche saluée unanimement par les participants, qui souhaitent désormais que ce type de formation soit élargi à l’ensemble de la population haïtienne.
En formant les journalistes aux gestes qui sauvent, le RHJS dépasse sa mission d’information pour devenir un acteur clé de la prévention et de la protection civile en Haïti. Une initiative salutaire qui, espérons-le, fera école.
Wooselande ISNARDIN













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