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L’argent n’a pas d’odeur

Mémoire du tremblement de terre

La Rédaction Par La Rédaction
29 avril 2025
Dans Actualités, Nationales
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À bout de cette promiscuité vecteur de choléra

Les toilettes au camp de déplacés du lycée des Jeunes Filles

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Une petite pluie fine et froide tombe sur le Champ de Mars, la cité des tentes où grouillent des milliers de sans-abri. Mais où est-ce que tous ces gens vont déféquer ? Bien des semaines après le séisme, le peuple des sans-abri se soulageait partout sur la Place des héros et dans des cabinets de toilette portables que des entrepreneurs privés avaient installés ça et là sur le site. On payait dix gourdes si on voulait utiliser ces latrines privées.

Les toilettes au camp de déplacés du lycée des Jeunes Filles

Depuis la mi-février, tout le Champ de Mars est envahi de cabinets frappés du logo de compagnie privée. La place Jean-Jacques Dessalines, à quelques mètres des places Pétion et Toussaint Louverture, à elle seule, contient au moins cent cabinets dont la propreté est assurée par vingt femmes divisées en deux groupes. Cette main-d’oeuvre journalière est prise en charge par Action contre la Faim (ACF) à raison de 250 gourdes par jour et par personne. Chaque femme travaille pendant trois jours et demi, de sept heures du matin à cinq heures de l’après-midi, et perçoit hebdomadairement 875 gourdes.

Travailler tout en maugréant

« Ils sont dégoûtants ces gens-là ! Ils sont malpropres ! », bougonne Mervenue Jeune en aspergeant de désinfectant les lieux d’aisance. Gantée, munie d’un balai, elle fait son travail tout en maugréant. « Ils sont mauvais, ces gens-là. Ils chient partout. Ils chient sur le couvercle et par terre. Vous allez me dire qu’ils ne font pas exprès ? Que me voulez-vous monsieur, vous voulez voir ce qu’il y a au fond de ce trou ? », braille-t-elle à mon endroit.

Le petit bout de femme – mère de six enfants dont deux vivent avec elle, sous une bâche, à l’ombre de la statue équestre de Dessalines – se montre plus prudente quand je me suis présenté comme journaliste du Nouvelliste. « Vous avez dit Le Nouvelliste ? Votre carte? Je ne connais pas cette radio. Peu importe, alors. Vous voyez que je fais un sale boulot », me dit-elle en se barricadant derrière son balai qu’elle tient comme une arme.

Sur ces entrefaites, une jeune fille entre dans l’un des cabinets qu’elle vient de nettoyer. « Mademoiselle sortez de là. Vous n’avez pas le droit de rentrer ici avec vos chaussures », ordonne Mervenue. La jeune fille sort et dit : « Si je rentre avec mes chaussures, madame, c’est pour me protéger des microbes. » Mervenue de répliquer : « Enlevez vos chaussures. Et allez vous asseoir sur le couvercle. » « Moi ? m’asseoir. Je dois m’accroupir. » La discussion s’envenime. D’autres personnes arrivent. Le président du comité de la place Dessalines, Jérôme Louibert, pointe avec un sachet de rouleaux de papier hygiénique et conseille à la demoiselle de respecter les principes établis. Aussi têtue qu’une mule, elle ne se plie pas aux injonctions de Jérôme. Elle préfère aller se soulager ailleurs. Il y a tellement de sanitaires au Champ de Mars que les utilisateurs n’ont pas le temps d’écouter des conseils. Ils ont le choix.

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« Vous voyez combien ce peuple a besoin d’être éduqué! Pendant que nous sommes ensemble, c’est le moment de leur apprendre quelques principes d’hygiène de base. Depuis que les gens vont à la selle gratuitement au Champ de Mars, les problèmes nous tombent dessus. Seulement aux abords de la place Dessalines, il y a cent toilettes. Elles sont réparties par groupe de vingt-cinq, cinquante et cent sur d’autres sites. On a mis cent rouleaux de papier hygiénique sur mon site. En quelques minutes, on les a tous volés », confie Jérôme.

« Nous avons des problèmes parce que nous touchons 250 gourdes par jour », coupe une domestique reconvertie dans ce genre d’activité. « C’est vrai, ce qu’elle dit. On jette des pierres, des boîtes en plastique de jus, et même des draps au fond des toilettes. Ces objets causent des difficultés aux employés qui vidangent les matières fécales. Les gens badigeonnent les murs des toilettes. Le soir, on bousille les manches des portes », dit, navré, Jérôme.

« Ils peuvent tout faire. Je ne vais pas payer pour me débarrasser d’une chose dont je n’ai pas besoin », dit une grosse femme tenant un papier hygiénique en main, oubliant d’aller se soulager. Les toilettes privées auxquelles elle fait allusion ont disparu du paysage. Sauf quelques-unes sont encore en service. Du côté du kiosque Occide Jeanty, le prix a baissé. Cinq gourdes pour se soulager, aujourd’hui! L’offre abondante fait chuter les prix. Principe simple en économie, même s’il s’agit de chier!

Du travail pour les femmes qui travaillent

A quelques pas, Denise Raymond, marchande de « manje kwit » élevant seule ses six enfants, adresse les mêmes reproches aux utilisateurs de ces W.C. « Au Champ de Mars, ce sont des femmes qui m’injurient. Elles étaient en de bons termes avec moi. Depuis qu’elles savent que je gagne 250 gourdes par jour, elles me font des misères. Il y en a même qui ont osé me dire : vous travaillez, vous gagnez de l’argent. Eh bien! nous allons vous donnez du travail », dit-elle.

La fille de Raymonde confie qu’elle préfère aller satisfaire ses besoins dans les cabinets alignés sur la place des pompiers. « Dans ces toilettes, c’est propre. Les gens sont moins malveillants parce qu’il y a des policiers qui sont sur place », signale-t-elle.

En dépit de ces difficultés, ces femmes estiment que ce boulot est une aubaine. Mervenue gagnaient 1500 gourdes mensuellement, d’autres femmes comme Raymonde, peinaient durement pour tirer un certain bénéfice de leur commerce de plats chauds. Ces femmes qui travaillent de huit heures du matin à cinq de l’après-midi souhaitent continuer à mener ces petits boulots qui durent peu mais rapportent 3500 gourdes même si c’est pour nettoyer de la merde des autres. L’argent n’a pas d’odeur!

Claude Bernard Sérant

serantclaudebernard@yahoo.fr

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