M. le représentant du ministère de la Santé publique, Dr Exalus Jeanty Fils,
M. le représentant de l’Office de la Protection du citoyen, Jude Jean Pierre,
M. le secrétaire général du RHJS, Louiny Fontal,
Mesdames, messieurs les membres du Réseau haïtien des journalistes de la santé,
Amis (es)de la presse,
Chers invités,
Le RHJS s’inscrit dans l’histoire des organisations à but non lucratif du pays. Depuis le 2 septembre 2013 date à laquelle il a vu le jour suite à des séances de formation encadrées par la Coopération tripartite Cuba-Brésil-Haïti, sous la houlette du ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), notre association continue sa noble mission : contribuer à l’amélioration de la santé de la population par l’information. Malgré tous les aléas du pays, le RHJS poursuit les objectifs pour lesquels il a été créé :

- Assurer l’excellence dans le domaine du journalisme spécialisé dans le secteur de la santé.
- Former des journalistes spécialisés dans l’information relatif à la santé.
- Promouvoir la problématique de la santé auprès des médias.
- Développer des partenariats stratégiques avec des personnes clés dans les médias.
- Assurer un suivi, et des analyses critiques des politiques publiques dans le secteur de la santé.
- Développer des investigations sur des sujets liés à la santé.
Il y a un an et deux mois, comme je l’avais dit à l’ouverture de notre Assemblée générale, le 9 février dernier, lorsque le comité directeur du Réseau haïtien des journalistes de la santé avait pris son installation dans ce local à Delmas 42, le 19 janvier 2024, il avait les membres suivants : Louiny Fontal (secrétaire général) ; moi, Claude Bernard Sérant (secrétaire général adjoint), Sabry Iccénat (responsable de l’administration), Nytale Pierre (responsable des finances, budget et trésorerie) et Wooselande Isnardin (conseillère et mobilisatrice de ressources).

Je me souviens comme si c’était hier. Louiny Fontal, dans son costume de secrétaire général, avait dit solennellement derrière ce pupitre : « Je passerai une seule année à la tête du RHJS. Pas un mois de plus. »
Mesdames, messieurs, ce matin, avant de venir ici, j’ai relu dans Page d’histoire du Réseau datée du 25 novembre 2021, le discours de feu Dr Lespérance Odilet, le secrétaire général sortant. À la cérémonie d’investiture du nouveau comité d’alors, il avait déclaré : « Si le réseau existe encore, au travers de ses moments difficiles, c’est grâce au dévouement de cette équipe solide et solidaire. Le pouvoir ne saurait être éternel. Le pouvoir perd son sens quand il perdure. C’est ainsi qu’après 8 ans, j’ai choisi de faire un retrait pour permettre à de nouvelles têtes d’émerger. »
Louiny Fontal, lui, pour donner acte à sa parole, il a voulu organiser les élections l’année dernière pour se décharger de ce fardeau. Oui, un fardeau. Je pèse mes mots. Le RHJS vous absorbe. Il avale votre temps et vous éloigne même de votre famille. Et même quand vous êtes chez vous, ne croyez pas que ce réseau ne vous poursuit pas avec ces réunions.

Le dilemme, c’est que la situation du pays s’est détériorée. Et cela a eu un grand impact sur le comité directeur qui devait mener la barque du Réseau. À un moment, plusieurs options étaient sur le tapis : organiser les élections, reculer l’échéance et le reculer encore.
Ce qui devait arriver arriva. C’est un fait. En couvrant cet événement, vous recueillez les données que vous allez traiter et mettre en forme à destination du public. Et l’information journalistique sera : ce vendredi 28 février, le comité directeur du RHJS est composé des membres suivants : Claude Bernard Sérant (secrétaire général), Wooselande Isnardin (secrétaire général adjointe), Jobenson Andou (responsable des finances, budget et trésorerie) ; Jacques Stevenson Saint-Louis (conseiller et mobilisateur de ressources). Et le poste de responsable de l’administration resté vide est à pourvoir. C’est par la voie électorale, dans l’urne, très prochainement, que sortira bientôt cet administrateur.

Mesdames, messieurs, permettez-moi de citer une nouvelle fois le dernier discours de notre très cher regretté, Dr Odilet. Il a dit, et je lis textuellement : « Parmi les autres changements portés à la Loi-mère de l’association, on notera la mise en place d’un conseil consultatif formé d’anciens membres actifs du premier comité, qui sera rejoint par la suite par les anciens secrétaires généraux dont l’objectif est de conseiller, partager des expériences et de veiller à la sauvegarde de ce patrimoine. »
Amis journalistes, chers membres du RHS, cette année, les souhaits du Dr Odilet Lespérance se matérialiseront. Et ce sera justice de le faire tout comme nous avons déployés à travers notre territoire, les coordinations départementales qui se doivent d’être dynamiques dans le maillage du Réseau, notre Réseau à toutes et à tous. Au passage, je vous dis d’emblée que je suis impressionné de voir cette galerie devenir une réalité. C’est une œuvre d’art. Compliments, chapeau à Sabry Iccénat, un artiste dans l’âme qui est devenu un chef d’orchestre en ces moments douloureux que nous traversons à Port-au-Prince et dans le reste du pays. Cette galerie de secrétaires généraux est le fruit des idées du comité sortant.

Et comment ne pas saluer Wooselande Isnardin, toujours debout avec la fougue de sa jeunesse et qui nous incite à aller vers l’avant. Ce matin, lorsqu’elle m’a appelé aux environs de six heures, elle était déjà au local du RHJS pour finaliser tout ça avec sa belle équipe ! Retenez bien, avec les moyens de bords. Quelle dévotion Wooselande !
Quand à madame Nytale Pierre, gad on madanm !
Durand ces derniers mois, elle a couvert l’équipe avec des yeux maternels. Moi quand je regarde les yeux de Nytale, ce n’est pas la forme oculaire que je vois ; je découvre un esprit, une conscience qui me fait dire : waw ! est-ce que ces gens existent encore sur la terre d’Haïti minée par la haine, le ressentiment ; or, c’est sur l’amour que l’on devait construire.
Et Jacques Stevenson Saint Louis !
Stevenson est un vieux routier du journalisme qui n’a pas blanchi sous le harnais comme moi. Durant l’assemblée générale, il m’a profondément touché au cœur. Ces prises de position, son ouverture d’esprit, sa sensibilité, son amour pour le réseau dont il est fier de dire, tout cela m’a touché. Stevenson a coutume de dire : je suis le fondateur du RHJS. Collègue Steve, comme l’avait souligné Dr Odilet dans son ultime discours du 25 novembre 2021 : « Le réseau est une histoire en marche ». W ap mache avèk nou Stevenson. Je sais que tu marches avec Louinel Jean-Louis, ton cavalier pòlka. Louinel est un ancien du réseau qui adore discuter et qui sait faire montre d’un esprit de compromis, d’ouverture. Reste comme tu es Louinel.

Jobenson Andou, cet étudiant en sciences informatique, gestion, journaliste multimédia n’en finit pas d’occuper d’occuper de l’espace dans le Réseau, tant ce jeune homme est talentueux. Avec
Andou, le RHJS a résolument récolté un beau fleuron dans son équipe pour avancer.
Comment ne pas saluer notre ancien secrétaire général, Gladimy Ibraïme. Lors de l’assemblée général, il a soulevé des questions pertinentes qui ont permis à des hommes de lois qui prenaient part à cette grande rencontre de débusquer les failles inscrites dans le statut du RHJS. Avec les interventions de Ibraïme, le choc des idées que ces étincelles ont provoqué, nous avons compris encore une fois que l’œuvre humaine n’est jamais parfaite. Merci, Ibraïme pour votre présence à cet événement, le RHJS comptera toujours sur vous. Et comment ne pas saluer madame Esperancia Jean Noël, la lauréate nationale du prix Dr Odilet Lespérance 2024 de la catégorie presse écrite. Votre présence, madame Noël, témoigne que la famille RHJS est une réalité.

Chers amis, nous sommes comblés de vous voir parmi nous au local du Réseau haïtiens des journalistes de la santé. Et nous sommes contents de vibrer avec toute une pléiade de journalistes, de partenaires et d’invités qui prennent part à cette cérémonie d’installation. Et nous profitons de l’occasion pour rendre hommage à toutes celles et à tous ceux qui ont facilité l’organisation de cet événement qui s’inscrit dans un processus difficile. Il y a tellement de membres de notre personnel à saluer pour leur dynamisme, leur acte de courage, de foi, de transcendance et de persévérance que la liste serait bien trop longue. Je préfère ne pas citer de noms.
Pour l’année 2024, le comité directeur du RHJS, grâce aux supports de ses partenaires, a réussi à accomplir toute une panoplie de programmes et de missions à travers le pays. Avec l’aide le l’UNICEF, de l’ONUSIDA, de l’OPS/OMS, de l’USAID, du Projet PISCA de l’Ambassade de France et l’encadrement incontournable du Ministère de la Santé publique et de la Population, le RHJS a réalisé des objectifs qui pourraient remplir les pages d’un livre. Nous adressons toute notre gratitude à ces partenaires qui, depuis onze ans déjà, continuent à supporter notre association.
Venons à nos réalisations.
Pour doter le Réseau d’un outil nécessaire à son bon fonctionnement, nous avons réussi à produire des documents sur le renforcement de l’administration. Avant l’assemblée générale, nous avions fait un inventaire qui nous a permis de passer en revu l’actif et le passif du réseau.

Pour vous faire un plan d’ensemble sur des projets exécutés par le RHJS, je vous fais un cadrage avec les projets de l’UNICEF sur la Vaccination de routine de la covid 19 et sur le cholera, PISCA (Projets Innovants des Sociétés Civiles et Coalitions d’Acteurs), OPS/OMS ; ONUSIDA et le projet USAID.
Le RHJS a produit avec les journalistes des émissions de radio, de télé dans les médias traditionnels et en ligne. Nos journalistes ont organisé des émissions foraines à travers plusieurs villes du pays. Ajoutons également que des articles de presse sur nos activités sont rédigés et publiés dans des quotidiens, des médias en ligne, à travers Bien-être magazine et sur notre journal en ligne (www.rhjs.ht)
Avec l’Unicef, nous avons mis en œuvre des actions de communication pour le changement de comportement (CCC). Ce projet s’est matérialisé à travers la production, la diffusion de contenus via les radios et la réalisation de formation des journalistes sur différents sujets ayant rapport au projet.

Le Réseau haïtien des journalistes de la santé (RHJS) a frappé un grand coup. Pour la première fois, en 2024, un prix est désigné à chaque catégorie respective au Grand concours national de reportages sur la santé du RHJS. Le lauréat du prix Dr Odilet Lespérance de la presse écrite a reçu 100 000 gourdes ; celui de la presse parlée, le même montant ; idem pour l’heureux gagnant du prix de la presse audiovisuelle.
Nous avons réalisé également un concours de vidéo amateur.
(Projets Innovants des Sociétés Civiles et Coalitions d’Acteurs) PISCA : octobre 2023 – août 2024 aura été le projet le plus exaltant dans notre carrière de journaliste. C’est le projet dans lequel nous sommes allés jusqu’au bout de nous mêmes. Et nous avions vu du pays. Tout se déployait autour de « La Campagne de communication multimédia pour la réduction des violences sexuelles et l’amélioration de l’accès des jeunes à la planification familiale. »
Au cours de l’année dernière, grâce au projet PSCA et de l’UNICEF, le Réseau avait pu poser ses valises dans les hauteurs du Plateau central, à Boucan Carré et à Port-Margot.

Encore avec l’appui de ses partenaires et l’encadrement du MSPP, le RHJS a réalisé une clinique mobile le samedi 28 septembre 2024. Les habitants de Delmas et des zones avoisinantes ont pu accéder aux services de santé grâce à cette activité mise sur pied en tandem avec la Commission Médicale Chrétienne d’Haïti (CMCH).
Avec OPS/OMS, nous avons réalisé une campagne de communication multimédia pour améliorer l’accès à l’information de la population vis-à-vis des maladies évitables par la vaccination, la promotion de la santé et la prévention des maladies chroniques ainsi que sa résilience face aux urgences sanitaires.
Avec l’ONUSIDA, nous avons œuvré au niveau du grand Sud dans le cadre du projet SSIAF (Services de Santé Intégrés pour les Adolescentes et les Femmes). Nous vous informons au passage que le projet SSIAF a été initié à la suite du passage de l’ouragan Matthew en 2016 qui avait ravagé le Sud et la Grand-Anse.
A noter que les différentes activités de notre réseau ont pu avoir lieu dans un contexte difficile.

Pour illustrer, notre partenariat avec l’USAID. Pas besoin de vous faire un dessin. Tout le monde connaît l’information.
Les difficultés rencontrées sur notre chemin devraient nous porter à fuir le pays. Tout un éventail de problèmes : insécurité, stress, angoisse, panique liés à la situation du pays et la suspension de l’aide. Ce n’est un secret pour personne. La mort rôde autour de nous. Nous vivons tous avec la crainte que nos quartiers seront attaqués par des bandits armés.
Comment ne pas être stressé ? Le chaos dans lequel nous sommes plongés a un impact sur notre santé. Et pourtant, c’est dans l’épreuve que se forge la marque des grands hommes et des grandes femmes. Nous avions appris à reconnaître les grandeurs et les faiblesses des uns et des autres et à avancer dans le sens d’une institution auréolée d’une mission qui dépasse la vie de chacun de nous.
Avant que je n’oublie, cette année, sous l’administration du comité sortant, le RHJS est consigné dans wikipedia, la plus grande encyclopédie mondiale en ligne.
Cette année, si la situation du pays le permet, nous allons chercher des fonds pour mettre sur pied des ateliers multimédias au RHJS. Ce sera l’espace où les journalistes viendront partager leur savoir. Et si le pays nous le permet, nous concrétiserons ce projet qui nous ait cher : Regard communautaire, sera un projet qui mobilisera des journalistes de plusieurs médias pour traiter un sujet d’intérêt public. L’équipe de professionnels de l’information posera ses valises dans une ville du pays pour produire des informations qui alimenteront le public avec un souci de suivi dans l’actualité. Et le bouquet de Regard communautaire sera un documentaire.
Pour contourner le climat de violence installé dans nos rues, nous utiliserons cette année la stratégie des cours en ligne. Et parfois en format hydride, autrement dit, à la fois en ligne et en présentiel.

Aujourd’hui, mesdames, messieurs, membres du RHJS, croisons nos doigts pour que la vie associative reprenne au RHJS. Nous voulons une vie associative ponctuée de causerie, de conférences, de débats qui enrichissent intellectuellement nos membres.
Croisons les doigts pour que les beaux jours soient de retour et que lors de ces beaux jours RHJS emmène les journalistes suivre des séances de formation à l’étranger comme par le passé, au temps du Dr Lespérance.
Mesdames, messieurs, c’est avec nostalgie que je lis le dernier discours du Dr Lespérance. Encore une fois, je le cite : « Sous notre administration, une délégation de onze membres, dont huit journalistes haïtiens avaient effectué une visite exploratoire à Washington D.C. du 8 au 13 août 2016. Cette visite a été précédée de deux sessions de formation. Le tout a été encadré par le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) et financé par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), à travers le Projet Leadership, Management and Governance (LMG). Le but était de renforcer le Réseau. »
Pourquoi ne pouvons-nous pas retrouver un climat de sécurité dans le pays pour progresser dans la paix, l’amour, la prospérité et l’esprit du partage dans un pays inclusif où personne ne restera au bord de la route ? Pourquoi ?
Mesdames, messieurs, en vérité je vous le dis : après plus de dix ans au RHJS, c’est le comité qui a contourné le plus de difficultés dans un pays au bord du gouffre.
Pour moi, personnellement, qui a toujours dynamisé les bonnes relations au sein de cette association de journalistes, je me dis : si après onze ans, par la voie des urnes, vous me placez comme secrétaire général, c’est parce que vous me jugez loyal et digne de vous. Pour cet honneur que vous m’accordez, je saurai suivre, dans la lumière de la vérité et ce qui est juste, les principes directeurs du RHJS en toute dignité pour servir l’intérêt général.
Merci
Claude Bernard Sérant
serantclaudebernard@yahoo.fr
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