Au cœur de la journée du samedi 28 septembre 2024, les habitants de Delmas et des zones avoisinantes se sont dirigés vers l’Impasse Vieux, Delmas 48. Ils allaient prendre part à une journée de sensibilisation et de consultation organisée par le Réseau Haïtien des Journalistes de la Santé (RHJS) en tandem avec la Commission Médicale Chrétienne d’Haïti (CMCH). Un tel évènement allait rassembler plus d’une centaine de personnes. Leur but : accéder aux services de santé disponible le temps d’une journée.
Sous la supervision de l’ancien secrétaire général du Réseau, Gladimy Ibraïme, une équipe a uni ses efforts pour offrir divers services à cette journée de sensibilisation et de consultation. Sur la cour, dans les jardins du RHJS, des tentes sont dressées. Sous des abris construits à partir des bâches sont répartis les services de vaccination, de dépistage du VIH/SIDA et de councelling. En prenant l’escalier, le premier étage où vont et viennent patients et mobilisateurs, on trouve dans une grande salle d’autres services : accueil, pharmacie et un grand écran sur lequel sont projetés des contenus audiovisuels réalisés dans les studios du réseau. Ces capsules vidéos qui font de la promotion pour la santé permettent aux gens d’attendre leur tour avant d’aller à la salle de consultation générale.
Avant d’aller au deuxième étage, sur la galerie en face de la grande salle, Dr Pépé, président du CMCH, s’entretient avec ses patients. Il écoute attentivement, émet ses avis, rédige une ordonnance et envoie ces derniers à la pharmacie qui leur accorde gratuitement les médicaments prescrits.
Gravissons le deuxième étage. Encore et encore des patients. Certains sont assis, d’autres restent debout. « Mis ou bliye m. Depi m maten m la, m poko janm pase », dit une femme entre deux âges à l’une des infirmières qui officie comme secrétaire. Celle-ci lui demande de patienter : «le gynécologue-obstétricien ausculte une jeune dame en pleine ceinture ». Une femme âgée, la soixantaine, se plaint. Elle a des problèmes cutanés et réclame illico le service d’un dermatologue. Encore une fois, la secrétaire tempère la patiente.
Des mères entourant leurs enfants de leurs bras. Elles aussi sont venues au RHJS pour des consultations en pédiatrie.
Sur la cour, des patients s’en vont avec des paquets de médicaments ; d’autres arrivent et demandent si la journée de consultation continue. Il est 4h de l’après-midi.
Assise dans le kiosque de vaccination, Marie Emmanuella Lambert, infirmière de la Direction sanitaire de l’Ouest (DSO), partage son expérience de la journée : « Je coordonne le kiosque et je suis accompagnée de trois autres infirmières : Yolande Dorescar, vaccinatrice ; Myrtil Romain Kethly, sensibilisatrice et Mme Sophonie Joseph, qui s’occupe de l’enregistrement. Nous sommes toutes de la DSO. Nous avons déjà reçu près d’une vingtaine de patients et administré plusieurs types de vaccins à des enfants, des femmes enceintes et des adultes. »
Durant cette journée, elle a administré, avec son équipe, plusieurs types de vaccins : pentavalent, rotavirus, VPO, VPI et PCV13. « Ces vaccins, protègent contre des maladies comme le tétanos, la diphtérie, l’hépatite B et la coqueluche », a-t-elle précisé.
En parallèle, les spécialistes ont prodigué des conseils sur des sujets cruciaux tels que le VIH et la planification familiale. Dans la grande salle du RHJS, le Dr Yvnel, gynécologue-obstétricien, a insisté sur l’importance de la planification familiale : « Avant d’entamer une initiative, il est important de bien la préparer. La planification familiale vous permet de contrôler votre capacité à enfanter et de mener une vie sexuelle sereine, sans crainte d’une grossesse non désirée. »
À la fin de la journée, une certaine satisfaction se lit sur les visages. Néhémie Antoine, une riveraine de Delmas 40B, partage son enthousiasme : « Je suis venue ici grâce à l’invitation d’une amie. On m’a consulté en médecine interne et également en gynécologie. Moi, je peux dire que je suis satisfaite. La journée est bien organisée. On m’a donné des médicaments. C’était gratuit. Je ne m’y attendais pas. Dans les centres hospitaliers publics, il est souvent difficile d’en trouver. »
Étudiante en anthropo-sociologie, Néhémie a profité de l’occasion pour lancer un appel aux organisateurs afin qu’ils poursuivent et multiplient ces initiatives qui donnent accès aux soins de santé à ces communautés vulnérables.
Duckerns EXUME
duckernsexume@yahoo.com
Encadré
Cette journée n’aurait pas été possible sans la participation active des membres du RHJS et de ses partenaires : le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), la Commission Médicale Chrétienne d’Haïti (CMCH), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), l’Ambassade de France en Haïti à travers les Projets Innovants des Sociétés Civiles et Coalitions d’Acteurs (PISCCA), l’Institut Panos et la Fondation pour la Santé Reproductive et l’Éducation Familiale (FOSREF).