La violence sexuelle touche toutes les classes sociales, toutes les cultures. Dans tous les pays du monde. Ici, Sabry Iccenat, puise des données ici et ailleurs pour nous donner une vue sur l’ampleur physique ou psychologique de ce drame mondial qui n’épargne aucun pays.
Selon un rapport conjoint publié en octobre 2022 par le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), les gangs armés utilisent la violence sexuelle pour répandre la peur, punir, soumettre et faire souffrir la population haïtienne. En France, seulement pour l’année 2023, 114 100 plaintes pour violence sexuelle ont été enregistrées avec une augmentation de 7% par rapport à l’année précédente, selon ce que rapporte le magazine Le Point.

Que penser de cette forme de violence qui a un tel impact sur les populations mondiales ? Ces actes qui portent atteinte aux droits fondamentaux de la personne constituent le thème du dix-huitième numéro de Bien-être, notre infolettre.
Un grave problème de santé publique
D’après l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la violence sexuelle est un problème de santé publique grave. Elle recouvre l’ensemble des situations dans lesquelles une personne impose à autrui un ou des comportements, un ou des propos (oral ou écrit) à caractère sexuel. Assez souvent, ces propos et comportements sont subis et non désirés par le survivant. Pour illustrer : cas des enfants, des handicapés, de personnes inconscientes, de personne sous l’emprise de l’alcool ou de la drogue, pour ne citer que ces exemples. Un élément essentiel fait défaut dans l’acte sexuel traité ici : l’accord de volonté. La victime ne peut pas donner son accord. Dans un autre cas de figure, elle n’a pas pleinement la capacité pour donner son consentement.
Physique ou psychologique, directe ou par le truchement d’un moyen de communication, la violence sexuelle peut prendre plusieurs formes : exploitation sexuelle, viol, harcèlement, prostitution forcée, grossesse forcée, stérilisation forcée, avortement forcée, esclavage sexuel, ou toute forme d’agression sexuelle (attouchement, frotteurisme, exhibitionnisme, voyeurisme etc.).
Contrairement à ce qu’on a tendance à penser, la violence sexuelle ne concerne pas seulement les femmes et les enfants, elle touche aussi les hommes.
Le rapport BINUH/HCDH 2022 sur Haïti, illustre largement cette situation :« Des femmes, des filles et des garçons de tous âges, ainsi que, dans une moindre mesure, des hommes, ont été victimes de crimes sexuels d’une extrême violence ». Aussi est-il important de préciser que la violence sexuelle peut avoir lieu même à l’intérieur des relations amoureuses et conjugales s’il n’y a pas de consentement.
Dans un article sur le sujet, Vera Cruz (2020) estime que la « violence sexuelle est un grave problème de santé publique et de droits humains qui a des conséquences, à court et à long terme, sur la santé physique, mentale, sexuelle et reproductive des victimes » et affecte négativement le bien-être et la santé de millions d’individus dans le monde. Comme tout abus, la violence sexuelle peut entrainer des souffrances voire des troubles physiques, sexuels ou mentaux, d’où des raisons, en plus de l’aspect pénal, d’éviter et de prévenir la violence sexuelle qui, sous certains aspects, peut nous paraitre négligeable.
Sabry Iccenat
Sabry Iccenat
sabryiccenat@gmail.com
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