Par Stéphane EVEILLARD
Depuis le mois d’août, les habitants de plusieurs quartiers de Carrefour-Feuilles ont fui leurs maisons pour se mettre à l’abri loin des conflits des hommes armés. Ils sont des milliers à investir les locaux des infrastructures scolaires. Le lycée des jeunes filles est l’un parmi les écoles que le Réseau haïtien des journalistes de la santé (RHJS) a visitées à Port-au-Prince. Sur place, on a constaté que les normes hygiéniques ne sont pas respectées. À nos micros, les responsables du site du lycée des Jeunes filles et les victimes de l’insécurité ont clamé leur impatience : tous souhaitent une intervention rapide des responsables de la santé publique. Ils disent qu’ils vivent dans la promiscuité et l’insalubrité, autant de vecteurs qui favorisent la survenue de beaucoup de maladies dont le choléra.

L’insalubrité, la promiscuité et le manque d’hygiène sont le lot des refugiés du centre d’accueil de réfugiés à l’avenue Jean-Paul II. Depuis le portail du site, des tas d’immondices et des eaux usées pourraient servir de repères pour localiser cet abri provisoire. De la barrière, l’œil du visiteur embrasse les conditions de vie exécrable d’une communauté de déplacés.
Au mois de décembre, mille cinquante (1050) familles avaient investi le site, selon Francesca Beaujour, l’une des responsables. Entre-temps, d’autres familles sont arrivées après l’invasion des hommes armées à la rue Laraque au mois de janvier. Entre maisons de fortune ou tout ce qui peut servir d’habitat au milieu d’eaux usées infestées d’insectes, les maladies ne sont pas loin. Le choléra fait partie des dangers qui guettent ce camp.

La crainte d’autres cas de choléra
Un cas de choléra a été recensé au cours des six derniers mois, mais il a été traité grâce à l’intervention de Médecins Sans Frontières, selon Francesca Beaujour. L’espace où vivait le malade sur le site a été nettoyé et désinfecté, s’est-elle empressée de dire. Que faire pour éviter d’autres cas, à l’avenir ? Francesca Beaujour répond : « Le comité a entamé des activités de sensibilisation sur les précautions à prendre pour éviter d’autres cas, car nous gérons seuls le site. Cependant, les gens ne captent pas toujours le message de la même manière. Nous craignons d’avoir d’autres cas de choléra si rien n’est fait. La dernière visite d’organisations qui nous aidaient sur le plan sanitaire remonte au mois de décembre. »
Un jeune homme, Alex Pierre, a informé que « plusieurs déplacés du camp du lycée des Jeunes filles ont eu des symptômes comme la diarrhée et le vomissement, mais cela n’avait aucun rapport avec le choléra heureusement. Victime comme des centaines d’autres personnes de ce site, il ajoute : « Nous voulons coûte que coûte l’intervention du ministère de la Santé publique sur notre site. Nous aimerions avoir une clinique mobile sur place. Nous avons aussi besoin de l’assistance des concernés pour nous aider puisque nous ne souhaitons plus avoir de choléra sur notre site. »
Six mois après, les déplacés de Carrefour-Feuilles ne savent pas encore la durée de leur séjour dans les camps à Port-au-Prince. Il existe des dizaines de site de ce genre dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince et les problèmes sanitaires se ressemblent partout. Si dans certains sites, le choléra ne s’est pas manifesté pour le moment, le problème de l’eau potable reste un défi, car la démangeaison se fait toujours sentir après l’utilisation de l’eau pour le bain et dans certains cas, c’est l’épidémie de fièvre qui fait parler d’elle. Les refugiés souhaitent l’intervention rapide du ministère de la Santé publique et de toutes les autres institutions concernées par ce problème. Malgré l’aide de plusieurs organisations dans différents domaines, les impacts tardent à se faire sentir et le choléra reste encore un danger dans ces sites.
Stéphane EVEILLARD
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