Par Jessica Jn Baptiste
Je suis stressée. Je vis dans un état d’inquiétude. Avec cette crise qui nous prend à la gorge en Haïti, je me demande ce que je dois faire ? Si vous lisez ces lignes, beaucoup de pensées courent dans votre esprit et des images très dures vous montent à la tête. Ce n’est pas moi qui vais les exposer sur les pages du Réseau haïtien des journalistes de la santé. Oh, loin de là mon intention. Puisque je suis dans un espace santé qui me donne la possibilité de m’exprimer, je voudrais aborder ce phénomène dans l’angle du bien-être.

Je parle de stress et de bien-être. Le stress est une émotion. C’est même une réponse naturelle pour nous rappeler que nous faisons face à une situation. C’est peut-être la peur qui occasionne le stress. Par exemple : vous entendez des tirs, des tirs nourris s’approcher de votre maison. C’est la panique ! Ça avance encore et encore. Ou ka pipi sou ou. Quand la peur vous saisit dans ce pays, vous ne savez où vous donnez de la tête.
Le stress finit par nous apporter de la tristesse. C’est un être cher qui n’est pas rentré depuis des semaines. On vous apprend qu’il est entre les mains de ses ravisseurs. Bonjour tristesse! Et cette tristesse peut se transformer en désolation. Vous apprenez qu’il a été retrouvé sans vie sur une pile de déchets au bord de la route. Vous êtes ravagé. Vous êtes traversé par le dégoût. Et vous vous demandez est-ce ainsi que l’Haïtien vit aujourd’hui dans ce pays? Dire que cette île de rêve, on l’appelait autrefois la Perle des Antilles. Ce pays hospitalier de la Caraïbe est devenu la peine des Antilles. Une peine entourée de larmes de tous les côtés.
Une tristesse qui dure longtemps

Quand on est traversé par toutes ces émotions, ça finit par déposer au plus profond de nous une tristesse qui dure longtemps. Nou toujou nan kalkil ; n ap mande sa pou n fè. Devant cette situation chaotique, on se sent abandonné. On se sent seul. Comment sortir de ce bourbier ? Nou pa wè devan, nou pa wè dèyè.
Souvent, certaines personnes qui causent des actes de violence sont celles qui sont en colère contre cette société injuste, cette société qui les condamne à rester dans une misère infinie.
Savez-vous que toute cette colère qui bouillonne en eux finit par développer la haine envers cette société pour laquelle ils n’ont aucun attachement. Eh oui, ils ne ressentent physiquement rien pour ce pays qui les a oubliés.
Quel sombre tableau ! Reconnaissez que ce qui fait de nous des êtres humains, c’est notre sensibilité. Moun dwe renmen moun. Quand je pense à tous (tes) mes amis (es) que l’insécurité a chassé hors d’Haïti, je deviens triste. Parfois, je revois les jours anciens et je pleure.
Pour chasser le stress
Je suis consciente que toutes ces présences qui font sens pour moi me manque. Ces absences, je n’arrive pas à les combler par Internet. Souvent je parle avec mes amis (es) au téléphone ; ça me rassure ces échanges. Mais rien ne vaut la présence de quelqu’un avec qui on a de longues habitudes.
Pour calmer mon stress, j’essaie de gérer mon quotidien, à ma façon. Pour bien me porter, je ris un peu en écoutant de bonnes blagues. Il y en a tellement sur Internet. Je regarde les vidéoclips, et des films amusants. Je m’adonne régulièrement à des exercices physiques. Ces activités ont un réel bienfait sur ma santé. De plus, ça renforce le cœur et les poumons et mes capacités musculaires. En bonne chrétienne, je garde la foi dans l’enseignement de Jésus-Christ, notre salut. Quand tant de problèmes s’accumulent dans notre pays, quand on est dans la nuit la plus noire, on doit se tourner vers Dieu. C’est la seule lumière qui pourra éclairer notre chemin. Je dois également avouer que je dors pour oublier cette tragédie que je vis depuis des années comme de nombreux concitoyens. Je dors pour me régénérer sur tous les points physique, psychologique et intellectuelle. Je dors de bonne nuit de sommeil lorsque les armes ne chantent pas dans mon quartier. C’est si bon de dormir, la nuit.
Un dernier point avant de vous dire à bientôt. De temps en temps, je souris et je ris. Mwen ri tout ri ki nan kò m. J’estime que l’humour rend la vie en Haïti moins lourde à porter. Kote m gen zepòl pou m charye pwoblèm peyi sa. Je ris de temps et temps et le rire devient contagieux. Les médecins admettent qu’une personne qui rit réduit considérablement son niveau de stress. Pour bien se porter, rions un peu.
Jessica Jn Baptiste
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