Impacts de la crise du carburant sur le système sanitaire haïtien

La rareté du carburant, un produit transversal, paralyse plusieurs secteurs de la vie nationale dont le secteur sanitaire. Consterné par cette situation, le Réseau Haïtien des journalistes de la Santé (RHJS) a donné, en son local, ce jeudi 11 novembre, une conférence de presse sur les impacts de cette crise au niveau de notre système sanitaire.

Dr Odilet Lespérance

« Plusieurs centres hospitaliers du pays, que ce soit à la capitale ou dans les villes de provinces, ont déjà fermé leurs portes à cause de la pénurie de carburant », a constaté tristement  Dr Odilet Lespérance, le secrétaire générale sortant du RHJS. « Ceux qui fonctionnent encore, a-t-il poursuivi, ne font qu’assurer l’essentiel, c’est-à-dire recevoir les patients pour des soins ordinaires. Ils ne peuvent plus recevoir des cas d’urgence ou assurer des interventions chirurgicales. L’énergie solaire, qui leur donne un peu d’éclairage, est trop faible pour faire fonctionner les matériels des salles d’opération ».

Notre système sanitaire connait une impasse. Déjà vulnérable, ne répondant qu’à seulement 47 % des besoins de la population, l’insécurité, la crise politique asphyxiante, une économie en lambeau et la crise de carburant viennent enfoncer le couteau dans la plaie.

« L’insécurité a déjà forcé l’arrêt de travail dans plusieurs centres de santé du pays comme l’Hôpital Chancerelle, l’Hôpital Sacré-Coeur de Milot pour ne citer que cela. La crise de carburant vient ajouter d’autres institutions à cette liste. Désormais l’hôpital Bernard Mews, le Centre hospitalier de Sainte-Marie et tant d’autres encore gardent leurs portes verrouillées. Le Centre ambulancier national (CAN) dispose à peine de quelques ambulances pour faire le transfert des patients », a déploré le gynécologue-obstétricien.

Le manque de carburant affecte doublement nos centres hospitaliers. D’une part, la population n’a plus accès aux services sanitaires; d’autre part, faute de carburant, elle ne peut pas se déplacer. Le pays s’enfonce davantage dans la crise : les hôpitaux sont à l’arrêt. Les malades sont obligés de rester chez eux; les professionnels de santé sont dans l’incapacité de se rendre sur leurs lieux de travail.

Pour donner une réponse au plus vite à ce problème, Dr Lespérance invite les autorités, dont leur rôle est d’assurer le bien-être de la population, à prendre leurs responsabilités en main afin que les stations d’essence arrivent à distribuer le carburant comme en temps normal. De plus, a-t-il, souligné, des crises de tension artérielles et des arrêts cardiaques sont devenues monnaie courante avec la montée de cette crise insoutenable qui est en train de mettre k.o la République.

« Nous devons agir vite, sinon la situation risque de s’empirer encore davantage. Les secteurs, ayant leur part de responsabilité dans cette crise, doivent faire tout ce qui dépendent d’eux pour répondre à leurs obligations. Le carburant doit être disponible et accessible à tous comme avant », conclut le médecin.

Marie Juliane DAVID

julianedave@icloud.com

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