Être boursier de l’État haïtien : un parcours du combattant

PREFAC

 

Chaque année, les différentes entités de l’Université d’État d’Haïti (UEH) organisent des concours d’admission pour recruter de nouveaux boursiers. Des milliers de jeunes en provenance des quatre coins du pays, fraîchement sortis de l’école classique, sont nombreux à venir y tenter leur chance. Être boursier de l’État haïtien est un privilège. Une opportunité à ne pas râter.

« Je veux à tout prix intégrer l’UEH. Je vais m’inscrire à la Faculté de Médecine et de Pharmacie (FMP) et à l’École Normale Supérieure (ENS). J’aimerais tellement ne plus dépendre totalement de mes parents et être utile à ma famille et à la société dans le futur », confie Marc Herley Chéry, 20 ans, originaire de la ville du Cap-Haïtien.

Des postulants de CREDO Préfac du Dr Petichoute assistant à un cours de mathématiques

À la capitale, la situation demeure précaire. Malgré l’insécurité qui y règne, ces enfants de la campagne – qui investissent tous les jours le local de Crédo Préfac du Dr Petichoute à l’Avenue Christophe en vue de dessiner leur avenir –, laissent leur paysage si paisible  pour venir s’installer à Port-au-Prince, la ville de l’enfer. C’est avec le coeur brisé que les parents les regardent partir. Ils vont héberger chez une tante, un oncle, une marraine, un parrain, un cousin, une cousine ou un ami de la famille. C’est le cas de Rose Carmelle Louis, 18 ans, originaire de Verrettes, Artibonite.  Dans une entrevue accordée au Réseau haïtiens des journalistes de la santé (RHJS) la postulante explique : « C’est la deuxième fois que je rentre à Port-au-Prince. Il y a sept ans, j’étais venue passer des vacances chez un oncle à Santo 13. Je n’aime pas Port-au-Prince. Trop d’émeutes dans cette ville. Si ce n’était pas pour le concours d’admission de la FMP, je ne resterais même pas une seconde ici. Malheureusement, cela fait près d’un mois depuis que j’y suis. Un bon ami de mon père a accepté de m’accueillir chez lui. »

Une seule université publique pour tout un pays ! Un problème qui mérite d’être posé.

Ce matin, sur le site Internet du rectorat de l’UEH, une note est publiée. « L’Université d’État d’Haïti (UEH) avise le public en général, les postulants en particulier que les inscriptions au concours d’admission à l’UEH se tiendront du 30 août au 30 septembre 2021. » Comme pour les années précédentes, les inscriptions se déroulent en ligne. Les postulants ont la possibilité de s’inscrire à trois entités au maximum.

Les concours d’admission débuteront le 3 octobre. La Faculté de Médecine et de Pharmacie (FMP) ouvrira le bal. Les postulants ont un mois de plus pour se préparer aux éventuelles épreuves.

Notons que des universités privées du pays comme Université Quisqueya (UNIQ), Université Notre Dame d’Haïti (UNDH), Université Lumière (ULUM), Université de la Fondation du Dr Aristide (UNIFA) pour ne citer que celles-là organisent eux aussi des concours d’admission. Certains postulants de l’UEH y recourent comme une deuxième option. Si toutefois, ils ne réussissent pas à l’UEH, leurs études supérieures ne seront pas compromises.

« Si je ne réussis pas au concours d’admission de la Faculté de Médecine et de Pharmacie (FMP), déclare Widnie Joseph, 17 ans, ancienne élève du College Canapé-Vert de Madame Franck Paul, j’irai à l’Université de la Fondation du Dr Aristide (UNIFA), mais ce sera toujours pour la médecine », confie-t-elle au RHJS.

Marie Juliane DAVID

 

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