
« Notre système sanitaire est dépassé par cette deuxième vague de la Covid-19. Nos hôpitaux, publics ou privés, peinent à recevoir les infectés du coronavirus », a déclaré, le jeudi 18 juin, le numéro un de la Direction de la Santé scolaire du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), le Dr Erold Joseph, à la conférence de presse hebdomadaire du Réseau haïtien de Journalistes de la Santé (RHJS).

Devant un parterre de journalistes, il a fait savoir que « face à cette montée grandissante des cas de contamination dans le pays, les centres hospitaliers doivent procéder à la prise en charge immédiat des malades de la Covid-19 afin d’éviter toute complication qui pourrait survenir lors de l’hospitalisation. » Par ailleurs, ce médecin a précisé que « même s’il n’y a pas encore de traitement officiel disponible dans le cadre de cette pandémie, des études non encore validées par la science ont démontré que certains médicaments ainsi que des molécules comme les macrolides ont des effets curatifs sur la Covid-19. Ces derniers pourraient être utilisés lors de ces prises en charge. »

Erold Joseph, ce spécialiste en pneumologie, a mis l’accent sur « le traitement précoce en ambulatoire qui est la prise en charge immédiate des malades de la Covid-19 en évitant à tout prix l’hospitalisation à côté des préventions primaires telles que les différentes mesures barrière, le port du masque etc. ainsi que la vaccination. » Dans une telle situation, le Directeur de la Santé scolaire du ministère de l’Éducation nationale, estimant que notre système de soin n’est pas assez équipé, nos hôpitaux de même, il a préconisé «le traitement des malades le plus rapidement possible.»
Pressé de questions par les journalistes sur place, Dr Joseph a fait comprendre que le contexte du coronavirus suscite beaucoup d’angoisse et de stress, aussi il faudrait que les travailleurs de la presse ne mettent pas de l’huile sur le feu en donnant continuellement des nouvelles alarmantes. « Le stress est comme un poison qui affaiblit le système immunitaire du patient. À ce stade, l’organisme sécrète le cortisol qui affecte négativement notre immunité. », a-t-il insisté.
L’heure est grave
Pour sa part, le secrétaire général du RHJS, le Dr Odilet Lespérance, d’entrée de jeu, a divulgué les chiffres de la Covid-19 publiés par le Ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) pour les huit derniers jours : « 28 nouveaux cas de décès, 973 nouveaux cas infectés et 193 personnes admis en soins d’urgences à l’hôpital. Le taux de létalité est autour de 2,15. » Fort de ce constat, le médecin-journaliste a souligné que cette nouvelle variante du coronavirus est plus agressive par rapport à la première. En ce sens, il a appelé les autorités à vacciner la population de toute urgence. Les personnes âgées ou souffrant de comorbidités comme le diabète, l’hypertension artérielle et autres…ainsi que les professionnels de santé qui sont les plus exposés à la contamination par ces deux variants brésilien et indien présents sur le territoire national. Il a souligné avec emphase : « L’heure est grave. Le RHJS exhorte la population haïtienne à toujours rester vigilante en appliquant les différentes mesures barrière recommandées par les autorités étatiques. »
Cette conférence hebdomadaire du RHJS participle de la lutte contre le coronavirus et l’accès équitable à l’information sur la santé.
Marie Juliane DAVID
Étudiante en deuxième année de médecine à la Faculté de Médecine et de Pharmacie (FMP) de l’Université d’État d’Haïti (UEH).
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